Cepoy 2012, j’y étais

Posté le avril 29, 2012 par

Bref, C’était mon premier triathlon – Cepoy le 29 Avril 2012
Au commencement
Cela faisait déjà quelques temps que je me préparais à cette première épreuve dans ma nouvelle « carrière » de triathlète, commencée, il y a, tout juste, sept mois. Depuis le début d’année, j’avais coché cette date, en me disant, qu’un Courte Distance serait un hors d’oeuvre gourmand et de qualité, pour goûter à la discipline.
Depuis une semaine, la pression montait doucement mais surement. Je vérifiais la météo régulièrement, demandais des conseils à droite et à gauche et finalisais l’achat de deux trois bricoles, genre lacets automatiques. Mes trois dernières semaines d’entrainement furent un peu chaotiques puisque entrecoupées d’une formation professionnelle en province, de vacances et donc de séances moins nombreuses. Mais je restais à la fois confiant et excité, c’était plutôt bon signe !!
La veille au soir, j’ai respecté le plan nutrition du coach à la lettre. Autant faire ce peu. Sans être trop contraignant ça me permet d’avoir un « rituel » qui me fait dire que j’y suis. Dorénavant, chaque minute de mes pensées iraient vers Cepoy. Le sommeil fût, donc, un peu difficile à trouver.

Le Jour J !!
« Il pleut comme vache qui pisse aurait dit ma grand-mère !! » ça descend sévère, ce matin , à se demander si la fête ne sera pas gâchée par ce temps maussade. La météo parle d’une amélioration pour l’après-midi. Les dieux sont avec nous, hallelujah !! Réveillé depuis longtemps, mes affaires sont prêtes et organisées, quand je reçois un SMS de Steph’, mon coach pour l’occasion, qui me rappelle notre RDV de 10H45, au Buffalo grill. Quoi de plus normal, comme point de rencontre, pour un Grand Steak !! J’y serai à 10h30 car j’aime que les plans se déroulent sans accroc. Connaissant Steph’, je me dis que tout est calculé et je ne voudrais pas être le grain de sable qui vient gripper cette machine de guerre en préparation pour Roth. Nous voilà donc partis, sur l’autoroute du soleil, qui se jour là portera bien son nom. J’aperçois des coins de ciel bleu, quand après 15 bornes de route, un bruit de truc qui frotte et d’air venant de sous la voiture me tire de mes pensées !!! Arrggggghhh, j’enrage !!! appel de phares pour prévenir Steph’, on sort et on constate….le cache plastique du bas moteur a été mal remonté suite au remplacement de mon démarreur. Deutsche Qualität surement, mais mécano français sans aucun doute !!! Donc nous voila de retour à la maison, déchargement et rechargement des voitures. C’est dans ces moments là que l’on apprécie d’être sous l’aile du grand Steak et c’est pas Margo qui me contredira !! Son calme et sa conduite soft viendront à bout de mon énervement. Vingt minutes de perdues……….notre plan prend l’eau !!
Après une grosse heure de route, à échanger les derniers conseils, nous arrivons enfin à Cepoy et Steph reconnait de loin Coco, Sandrine et Francky qui bullent sur le pont. On s’arrête pour les saluer et leur première phrase, à mon intention, vous laisse deviner la qualité de ma dernière nuit : « Toi, t’as la gueule de travers !!! ». C’est pas faux. Nous les quittons, momentanément, pour trouver une place derrière la mairie et nous déballons le matos. Retrait des dossards, préparation des vélos et départ pour un tour de chauffe. A peine sorti du parking, je vois Stéphane qui roule sur un bout de
plastique et lui demande s’il n’a rien perdu. Détail qui aura son importance, car deux kilomètres plus loin, il constate qu’il n’a plus son bouchon de cintre et que sans cet accessoire indispensable, la porte du parc à vélo lui sera fermé. Son cerveau ne fait qu’un tour et, tel Horatio Caine dans les experts Miami, fait le rapprochement avec le bout de plastique : Demi-tour, toutes sirènes hurlantes en priant qu’une voiture n’ait pas roulé dessus. Echauffement écourté. De toute façon, le temps nous est compté compte tenu du retard accumulé. Nous retrouvons finalement son bouchon et je sens notre Grand Steak soulagé. Nous rassemblons les affaires et direction le parc à vélo.
L’accès au parc se fait par une petite allée, balayée par un fort vent latéral, qui soulève littéralement mon vélo que je tiens à la main. Là, je prends conscience que ça souffle et l’arbitre qui vérifie le matos nous le rappellera en précisant aussi la température de l’eau…13°c !! Nous rejoignons nos emplacements situés dans le même coin et retrouvons nos compagnons déjà bien avancés dans leur préparation : Romaric, Cricri, Francky et Pierre. Ce dernier me confit redouter la natation, à cause de la température de l’eau si basse. Je le rassure direct : « Tant que t’as pas la barre sur le front c’est bon !! ». Il a pas l’air plus enthousiaste et doit se dire que même avec l’effet Dragibus, ça va pas le faire. A cette instant, j’applique toutes les consignes de mon clone de coach, à savoir :
- Sortir le sparadrap et fixer les gels sur mon cadre
- Mettre du Nok dans les chaussures de CAP pour éviter les ampoules
- Mettre du talc dans les chaussures de vélo
- Se tartiner de crème anti-échauffement, sur les zones à risque, avant d’enfiler la combinaison.
Tous les voyants sont dans le vert et les arbitres nous regroupent pour le briefing. Juste le temps d’enfiler la combinaison et nous nous amassons sur la berge. Je demande à Cricri de remonter la fermeture de mon armure de néoprène et patientons encore, quelques minutes, pour voir partir les filles. Le plan d’eau est très agité, avec des vaguelettes hachées, levées par les rafales de vent. Puis vient notre tour. La mise à l’eau est virile et les premiers pingouins nous confirment que l’eau est froide. Je m’engage, laissant mes camarades gérer leur propre stress, pour me placer le long de l’île et ainsi profiter du trajet le plus court. Quelques secondes à barboter…. Le départ est donné !!

La natation
Normalement la discipline dans laquelle je devrai être pas trop mal. Les premiers cycles de bras sont difficiles pour cause de froid. Un gars devant moi part vite, j’essaie de prendre ses pieds mais je me résous à laisser filer : j’ai pas envie de me cramer tout de suite. J’atteint la bouée jaune et comprends, que le retour va être dantesque, face au vent avec ces vaguelettes, aux aguets, toujours prêtes à nous coller une bonne rasade d’eau du Loing . A cet instant, j’ai une pensée pour Romaric, Cricri et Pierre qui vont devoir aussi s’y frotter. Impossible de poser sa nage dans ses conditions, il faut passer au plan B. Je décide, alors, de faire fonctionner ma tête, et de piquer droit vers l’île alors que les autres concurrents sont plus sur ma gauche. Mon idée est de bénéficier de son effet masquant, par rapport au vent, et de trouver ainsi des eaux plus clémentes. Ce calcul de vieux brisquard paye, je suis pas vétéran pour rien !! Après le contournement de l’île, me voilà dans un groupe de tête lors de la sortie à l’australienne. Une
voix féminine crie à son champion qu’il est dans le top ten. C’est tout bon et je me vois déjà replonger tel, David Hasselhof dans « alerte à Malibu ». Finalement, les spectateurs auront le droit à une entrée dans l’eau, digne d’un éléphant de mer puisque mes jambes sont aux abonnés absents. Et c’est reparti pour le deuxième tour avec la même tactique qui me permettra de reprendre quelques nageurs, trop optimistes, ainsi que quelques filles (coco est dans le tas, mais je l’apprendrai à la fin). Enfin, la plage d’arrivée se profile et il est grand temps car je ne sens plus mes extrémités. Je pose enfin le pied sur le sol et me dis que j’en ai fini avec le froid…….. c’est alors, que bien malgré moi, je vais affronter une des parties les plus dures de cette course : La transition natation vélo….

T1, Tout fout le camp !!
A peine le pied posé, sur la terre ferme, les ennuis commencent. C’est comme si, en empruntant le chemin qui mène au parc à vélo, j’avais traversé une faille spatio-temporelle. Je n’avais pas souvenir de m’être bourré la gueule avant de prendre le départ et pourtant, mon parcours sur les deux cents mètres vers l’enclos sont dignes du championnat du monde des alcoolos !! j’ai la tête qui tourne grave, je titube et me fais doubler par de grands gaillards qui ont déjà la combi à la taille et le bonnet dans les mains. De mon côté, je suis toujours emmitouflé dans le néoprène et j’arrive péniblement à retirer mon bonnet. J’essaie, tout de même, de rester concentré pour trouver mon emplacement avec un peu de dignité. Les moments de solitude vont s’enchainer, quand face, à mon vélo, je n’arrive pas à ouvrir mon velcro autour du cou. Mon triceps droit me fait mal, à chaque tentative, et je galère. D’un coup, un éclair de « génie » traverse mon brouillard cérébral…et si j’essayais avec le bras gauche ? En un instant, la combinaison est au niveau des pieds, mais mon état d’ébriété avancée se rappelle à moi. Je suis obligé de me tenir à deux mains sur la barre devant moi pour éviter la chute. L’idée d’abandonner vient de m’effleurer , je ne comprends pas ce qui m’arrive. Je regarde vers l’entrée du parc, voir si les autres antoniens arrivent. J’espère inconsciemment qu’ils me mettent un coup de pied au cul. Je ne sais pas pourquoi, mais à cet instant, je pense à Margo. Et là, ne me voyant pas lui expliquer que j’ai lâché l’affaire, après tout le mal qu’elle se donne pour nous, je rassemble mes forces, arrache la combinaison de mon pied, enfile la panoplie du cycliste et m’échappe de ce parc maudit. Je cours avec mes moyens qui sont bien faibles à ce moment là, en espérant retrouver, bientôt, un peu d’ordre dans ma tête. Je croise alors Grand Steak et Franky qui arrivent tout juste et m’encouragent !!

Le vélo
C’est donc avec une certaine angoisse que je tente de monter sur mon vélo. Je me parle en me répétant, qu’une fois assis tout ira mieux. J’enfourche la bécane et je n’arrive pas à partir. Je marque une pause. Qui apparemment, aux yeux des spectateurs dure trop longtemps. Une gentille dame et sa fille me font remarquer qu’il faut que j’y aille maintenant !! Je leur dis que c’est difficile, les salue et commence à tourner les jambes sur le 34. J’enclenche la garmin à ce moment là. L’appréhension est toujours palpable et je décide de commencer sur un rythme rassurant. Le parcours commence par la côte de l’église. Un petit raidillon de 16% que nous
aurons la joie de gravir deux fois en CAP. J’attends de sortir de la ville pour profiter de la première ligne droite, vent dans le dos, afin de me ravitailler et monter sur le 50. La deuxième côte est avalée sans difficulté. Je la pensais plus dure. Toujours dans la panoplie du vieux briscard, j’envisage de faire le premier tour vélo en dedans, histoire de prendre la mesure du parcours. Celui-ci est super agréable, avec de belles routes. Je roule par moment 42 km/h vent dans le dos, et me fais dépasser par des avions de chasse que j’entends arriver vingt mètres à l’avance avec le bruit des roues aéro. Seul un passage, vent de face, dans une côte, me posera problème, surtout dans le deuxième tour. Le premier antonien à me rattraper est Romaric. Il me passe vers le KM 24, sans un mot , dans le petit coup de cul pour passer l’autoroute. Je suis impressionné, je l’encourage et pense qu’il fait un numéro !! Suivra Grand Steak au KM27. Pourtant sur ce deuxième tour, je tiens mon objectif qui était de faire mieux qu’au premier. (33,5 km/h contre 32,5 km/h). Je bouclerai à 33 km/h de moyenne, mon moment off du départ m’ayant couté une minute.
Sur la fin du parcours, je passerai Sandrine qui a fait le vélo sans dossard. Ne l’ayant pas reconnue dans sa tenue, c’est au moment, ou elle m’a encouragé de sa voix fluette que j’ai pris conscience que c’était notre championne !!

T2, Quand faut y aller
Tout le monde connait mes qualités naturelles de coureur à pied et cette facilité que j’ai à caresser le bitume de mes pieds. C’est donc avec, un enthousiasme dissimulé que j’arrive au parc à bicyclettes pour la deuxième fois, sachant ce qui m’attend derrière. Je croise Steph’ et Romaric qui quittent le parc ensemble. Je comprends que Romaric est cuit. Il a dû faire un deuxième tour vélo de misère. J’apprendrai plus tard qu’il voulait se reconvertir en livreur de pizzas.
Cette transition s’est bien déroulée. Avec mon temps de 2’02 je fais mieux que Francky et Romaric. La magie des lacets à boules !!
Vu mon état, je laisse la Garmin sur le vélo, en imaginant faire la CAP à la sensation.
En sortant du Parc, j’aperçois Cricri qui y rentre.

La course à pied
Me voilà parti sur les routes cepoyennes avec comme seul objectif finir. Je voulais des sensations et j’en ai. Pas forcément celles souhaitées !! Les jambes sont dures comme du béton et j’avance en faisant de petits pas. J’ai l’impression de courir à 9 Km/h. Je ne peux résister à l’appel des ravitos, dont le premier se trouve à 1 km du départ. Une gentille dame me tend un verre en précisant « c’est du tonic ». Comme j’ai plus la lumière à tous les étages, j’hésite en pensant que c’est du Gin tonic !! Finalement, à la dégustation, c’est un genre de boisson isotonique comme le rappelle une de ces collègues. Pour les autres ravitos, eau et Coca feront bon ménage jusqu’à la fin. Je me fais doubler de manière incessante par les rois de l’asphalte ce qui renforce mon sentiment de faire une très mauvaise CAP. Le premier raidillon se présente et Cricri est déjà là !!
il m’encourage, je lui renvoie la pareille avec une tape sur le cul. Il est suivi, comme son ombre par Francky, qui me glisse de rester concentré jusqu’à la fin. J’exécute mais le premier tour est dur. Le retour, vent de face sur le canal, est une montagne psychologique pour moi. J’aperçois Romaric, dans l’autre sens, quand je passe sur le pont. Je le juge trop loin pour tenter de le rattraper. Quelques hectomètres après, Sandrine est là avec ses encouragements personnalisés !! « vas-y Lolo, tu laches rien !! Allllleeeezzzzz !!!!! Utilises tes BRRRAAAASSSS!!!» s’exclame-t-elle en prenant des photos.
Assez curieusement, pour un novice comme moi, le deuxième tour sera mieux au niveau des sensations. J’entends alors la voix du coach qui me dit de m’appliquer, de me pencher vers l’avant. Je profite de la ligne droite vent dans le dos pour me refaire la cerise et allonger enfin ma foulée légendaire. Cela me permets aussi de distancer un livreur de pizzas, qui visiblement, ne travaille pas chez Domino’s !! J’hésite même à m’arrêter au dernier ravito. Puis viens la descente vers le canal, la ligne droite face au vent, le pont et le dernier virage.

Epilogue
Je franchi la ligne avec détermination et retrouve mes camarades de jeux déjà en train discuter autour d’un verre. On refait la course, chacun apportant sa pierre à l’édifice pour raconter cette épopée sportive. Pour ma part ma contribution est courte mais intense : « j’ai pris cher en CAP ». Cricri me confiera qu’il « n’a pas trouvé l’eau trop froide ! » . Heureusement que Pierre ne l’a pas entendu. Romaric est blanc comme un linge et me fait juste un signe de la main signifiant, sans aucune ambigüité : « j’ai morflé ». Grand Steak et Francky ont l’air satisfait !!

Voilà mes temps officiels, à mettre en parallèle avec le récit du dessus !!!
Natation – 24’28’’
T1 – 6’22
Vélo – 1h13’45’’ (32,5 km/h)
T2 -2’02’’
CAP – 55’17’’ (10,85 km/h)

Merci à tous de m’avoir conseillé, soutenu, encouragé, entrainé et co-voituré !!!!
Prochain RDV VENDOME !!!!
Bref, j’ai fait mon premier triathlon !!

 

Mes acolytes de la journée

Romaric, le livreur de pizza

Cricri dans le dur :

Pierre sauvé des eaux :

Coco se fait plaisir dans la montée

Gsteack dans la côte de l’église

Vas-y Fky c’est bon!

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