Défier le Ventoux

Posté le octobre 17, 2019 par

Voilà le CR de Julien, qui est allé se frotter au mont Ventoux en septembre dernier.

L’objectif c’était de grimper la plus haute des montagnes. Activer la fabrique à endorphine dans un décors sublime.
Aujourd’hui est un jour de course

Ce dimanche, nous profitons tous d’un grand soleil sans un pète de vent. Un bon alignement des planètes en somme, la confiance est là. J’avais avec moi plein d’encouragements dans mes bagages. Associé au sentiment du travail accompli, 7 semaines de préparation avec des séances suivies à la lettre, ça ne pouvait que bien se passer. Levé à 4h15 pour prendre la navette de 5h. Je commence  pourtant par une bonne grosse suée. Dieu que c’est pénible le car en montagne! Surtout à l’arrière dans une cabine surchauffée. Ensuite, 20 min de queue pour ne passer que quelques secondes dans une cabine mobile privatisée qui m’ont sacrément mis en retard. Je  devais alors rentrer en jean dans le parc à vélo pour entendre 3 secondes après les arbitres annoncer que tout le monde devait évacuer. Putain merde, on abandonne l’idée d’accrocher les chaussures aux pédales et c’est parti pour une transition à l’envers. Installer ses affaires en moins d’1 min, c’est fait. Rigolo, mais la prochaine fois je le ferai avant tout autre chose Ça suffit maintenant!  Place à la concentration. Visualisation de la course et rappel de ma stratégie.La natation sera effectuée en 2 tours de 1000 m dans le sens horaire avec sortie à l’australienne. Je me placerai donc sur la gauche pour éviter de me faire tasser aux abords des bouées. Je veillerai à ne pas forcer mais m’appliquerai à nager droit et avec une bonne fréquence de bras. Et surtout, pas de bagarre. même si c’est sympa ça consomme trop. La journée sera longue et dans ma tête, le vrai départ se fera à Bédoin au pied du Ventoux.Un p’tit plouf pour tâter la température qui est bonne. Et je pars me placer pour le départ retrouvant Simon un prof d’Art plastique de Lyon, ultra traileur et voisin de camping avec qui j’ai sympathisé et qui participe à son premier tri (Pour un début ce n’est pas rien). Aucun Stress, hâte que ça commence.

Depart natation du Ventouxman
Natation

Et c’est parti avec un mass start bien remuant. Près de 630 furieux moins les femmes parties quelques minutes avant. Une eau cristalline, le soleil qui se lève dans les décors de Provence à chaque respiration. Je prends vraiment du plaisir. Ça bataille sévère autour de moi mais dès que je sens que c’est trop chaud, je me retire du game. Quitte à perdre 2-3 secondes, je garde mon énergie. 2 tours de bouclés, je pourrais en faire le double sans aucun problème et je réalise ma meilleure épreuve. Aujourd’hui sera une belle journée.

Mont Ventoux
Vélo

Enfin c’est au tour du vélo. :-) :-) :-) Première portion, 41 km plats et roulants. Comme prévu, je me retiens. J’avais programmé une moyenne entre 30 et 32km/h. Ce n’était pas facile d’accepter de se faire doubler par tant de monde avec des jambes aussi bonnes. Mais patience patience, la montagne arrive. Résultat pour cette première portion: 41km en 1h20 soit 31.2 km/h @121bpm et une cadence de 84. Focus sur mon plan: Impec. S’il y a une prochaine fois je m’autoriserai de pousser à 32-34 voir même tabler sur du 135-140bpm.
Finie la sieste, arrive alors enfin un peu de dénivelé. 23km et 550m de D+. Haha je retrouve certains avions de chasse qui m’avaient déposé. Enfin je double!! Je mouline comme il faut et continu de bien m’alimenter et m’hydrater.  Pour l’instant tout roule. Encore 1h de passée @140bpm. Jusqu’ici le parcours a été vraiment top. très roulant, très beau, varié et je n’ai pas vu de peloton de drafteurs. C’est passé étonnamment vite et c’était vraiment très joli ces routes de Provence.

Le ventoux

3h02 de course, on y est. Après un ravito quelque peu embouteillé, la voila la grande et belle montagne tant attendue. Le parcours, comme par hasard, emprunte le côté le plus difficile, celui par Bédoin. En chiffre ça donne 21 km à 7.5% de moyenne pour 1600 m de D+, avec même 15.5 km à 8.9% après le tournant de St estèphe. Les 4-5 premiers kilomètres sont assez faciles mais après ça pique avec 9.5km à 9.4% avec des portions à près de 11.5%. Bref du lourd. Enfin, les 6 derniers kilomètres à 8% qui me laisseront découvrir un paysage aride exposé au vent au soleil et au froid.Comme j’ai bien révisé ma copie, je sais tout ça avant de commencer et suis très heureux de me sentir encore frais. Les 5 premiers kilo se déroulent sans aucun problème. Ça passe crème entre les voitures anciennes qui ont décidé de se rassembler sur les pentes du grand chauve. Ensuite ça se complique. J’avais prévu de garder une vitesse de secours en cas de coup dur mais je change d’avis très vite. Même si ça va encore très bien, mon coup de pédale n’a plus la même force que pendant la reconnaissance faite l’avant veuille sur les 7km de montée allant du camping jusqu’au sommet. Nous en sommes alors à 3h25 de temps de course.Je mets donc tout à gauche avec un petit plateau en 36 et un pignon en 34. Ce qui donne une vitesse impressionnante de 11.6 km/h quand je tourne les jambes à 85 rpm. Ce qui arrive rarement!! Vraiment je ne regrette pas ce choix de cassette. Ça me permet de nettement moins piocher que mes compagnons de route. J’en vois galérer avec un développement trop gros et vraiment je souffre pour eux. Je pense avoir gratté pas mal de places rien que par ce choix matériel.Le chalet reynard est maintenant derrière moi. hummm, que c’était beau et dur ;-) Mes bidons sont encore fournis, je ne m’y arrête pas pour ne pas couper mon rythme. Maintenant le plus difficile est censé être du passé. Mouai tu parles, autant j’avais l’impression de gérer mon effort jusqu’à présent. Autant maintenant je ne gère plus rien. J’en ai plein les jambes et j’alterne danseuse et montée assis avec une seule chose en tête: Avancer comme je peux. Arrive alors le sommet. Enfin et déjà…. Je m’y arrête 1 ou 2 min le temps de mettre assez maladroitement un tee-shirt vélo par dessus ma trifonction pour me couper du vent dans la descente. Première victoire je suis heureux comme tout.Cette montée m’aura quand même pris près de 2h. Un sacré morceau qu’on s’est enquillé!

La cap

Le parc à vélo est maintenant en vue. Une autre course va bientôt commencer. Dans quelques secondes je vais pouvoir apprécier l’état physique dans lequel je suis pour avaler ces 20 kilomètres de chemin pentus et pierreux. Entre 2h05 et 2h15, c’est l’estimation du temps qu’il me reste à « tenir » ou « profiter », c’est selon ;-) . Premier constat, il y a déjà un paquet de vélos dans le parc et je peux apercevoir des coureurs qui terminent leur boucle de 5km. S’agit t’il de leur 1ere, de leur 2ième ou même de leur 3ième je ne veux même pas le savoir. C’est une autre planète ! J’apprendrai par la suite que le vainqueur william mennesson était déjà arrivé depuis 22min et que la première féminine Carrie Lester arriverait 4 min après. Retour sur terre avec mes petits muscles endoloris patiemment acquis cette année. Ça va, je suis un peu raide, mais je peux courir sans difficulté et même y trouver un certain plaisir. C’est bien foutu l’entraînement mine de rien. Clairement, la fluidité d’une belle foulée est restée à la maison. Mais ce n’est pas une surprise. Au bout de 5 min passées avec mes hoka one one mafate top confort et bien trop perfectionnées pour mes performances de coureur du dimanche, je sais que je terminerai cette course. Pas que j’en ai douté, mais une confirmation fait toujours du bien. Reste maintenant à gérer cette boucle de 5 km que j’ai déjà réalisée le samedi en 32min en mode balade. Premier tour, je cours tout le long et le termine en 31mm. Je prends alors la décision (que j’avais déjà pourtant prise samedi!) de ne plus courir en montée. 2ième et 3ième boucle, je perds 1’20 à chaque passage. La balade est agréable ;-) . Je vois beaucoup de coureurs cramper voir se claquer. Aie!! Pas cool. Tenez-bon mes cuissots, je vous promets une douche fraîche à l’arrivée. En attendant voici pour vous de l’eau douce et pour moi ce sera de la st yord. Merde j’ai fait l’inverse.  Enfin le dernier tour, j’ai tous mes chouchous ;-) . Qu’est ce que je les aimes ces élastiques fluo! Je vois le regard d’autres coureurs moins biens fournis les fixer avec avidité. Moi, grand sourire, jambes défoncées, je savoure ce moment. On plaisante ensemble et je les encourage. 30 min avant c’était moi qui était à leur place. Je sais que je pourrais encore aller plus vite si je me dépouillais mais je n’en ai pas très envie. J’ai maintenu mon cardio aux alentours de 150bpm pour cette CAP et c’est très bien, on ne change pas une équipe qui gagne. C’était ça mon plan, alors je m’y tiens.  Au moment de passer la ligne, je mesure à quel point j’ai de la chance. J’ai eu tout ce que je voulais. Un bon dimanche quoi!! 2h11 pour ces 20km @147bpm  et un total de 7h33 pour la course. L’arrivée se fait au camping à 100m de ma tente. Détente sur un matelas pneumatique, une bonne grosse douche , je sens bon et j’ai la banane. La collation d’après course est excellente. Tout est royal! En fait c’est passé super vite.
Ligne d'arrivee
Conclusion

La montagne est généreuse. On ne s’était encore jamais présentés et à notre première rencontre j’ai le droit à un souvenir impérissable. Merci, je reviendrai.

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